Randonnée au Puy de Sancy

Randonnée au Puy de Sancy

Avec ses 1885 m d’altitude, le Puy de Sancy est le point culminant du Massif Central et un magnifique spot de randonnée. Cette montagne majeure du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne fait partie de la chaîne des Monts Dore. Elle se situe à trente ou trente-cinq kilomètres au sud-ouest du Puy de Dôme et de Clermont-Ferrand. Le Puy de Sancy est aussi à une cinquantaine de kilomètres du Puy Mary et du Plomb du Cantal, autre massif emblématique, plus au sud.

C’est sur les flancs du Puy de Sancy que la Dordogne prend sa source ou plutôt ses sources. En effet, elle résulte de la confluence de deux torrents : la Dore et la Dogne. Ça ne s’invente pas ! Pourtant, son nom ne proviendrait pas de l’assemblage des noms de ces ruisseaux. Quoi qu’il en soit, elle se jette dans la Gironde, le grand estuaire de la Garonne. De ce fait, pour certains, la Dordogne se jette dans l’Océan Atlantique. Or, une rivière dont l’embouchure donne sur une mer ou un océan obtient le pompeux statut de fleuve. La Dordogne serait alors le cinquième plus long fleuve de France ! Le débat reste ouvert…

De nombreux chemins de Petite et de Grande Randonnée sillonnent le massif du Sancy. Il y a entre autres :

  • Le GR®30 qui suit la ligne de crête à l’ouest du Mont-Dore et passe par le Capucin et le Puy de Cliergue.
  • Le GR®4, quant à lui, longe les crêtes de l’autre côté de la vallée avec le Puy de Cacadogne, celui des Crebasses et le Roc de Cuzeau.

Fiche technique :

  • Distance parcourue : 8 km
  • Dénivelé positif : 610 m
  • Altitude mini : 1300 m – Altitude maxi : 1885 m
  • Plus grosse difficulté : 135 m de dénivelé pour une distance parcourue de 450 m (en arrivant au Col de Courre).
  • Accès : le Puy de Sancy se trouve à 35 km au sud-ouest de Clermont-Ferrand, la capitale historique de l’Auvergne.
  • Coordonnées GPS : 45°32’39″ nord – 2°49’1″ est (parking près de l’Auberge de Jeunesse du Mont-Dore, gratuit).
  • Info + : toilettes publiques au départ, en entrant sur le parking payant. Il y en a aussi dans le bâtiment du café-restaurant-gare de téléphérique proche du sommet (en dehors du restaurant).

Nous vous proposons aussi d’aller vous frotter aux pentes du Puy de Dôme et du Puy de Pariou tout proches.

Départ de la randonnée pour le Puy de Sancy

Nous partons du parking de l’Auberge de Jeunesse, le long de la Route du Sancy. Contrairement au grand parking du Pied du Sancy, celui-ci est gratuit 😉 .

Nous passons derrière les deux gares de téléphérique, longeons le parking payant et prenons le sentier qui va en direction du téléski du Val de Courre. Et figurez-vous que ce remonte-pente tourne, même par 31 °C à l’ombre… pour les trottinettes électriques.

Dès le départ, un panneau nous prévient que nous entrons dans la Réserve Naturelle Régionale de Chastreix-Sancy. Et les recommandations ne manquent pas : cueillette interdite, chiens non admis (même en laisse), obligation de rester sur les sentiers pour ne pas dégrader les sols fragiles de la montagne…

Un tout petit peu plus loin, les vestiges (fraîchement re-maçonnés) d’une cabane éboulée attirent notre attention. Le lieu est en fait un monument aux morts, à la mémoire de résistants abattus en 1944 par les SS et brûlés dans ce buron. La masure n’a jamais été rasée ou reconstruite. Mais elle a toujours été entretenue et ce, malgré la pression touristique et les pistes de ski.

Nous quittons ce lieu de commémoration et suivons le chemin qui nous emmène tranquillement vers le premier point d’étape : le Col de Courre, tout en haut de la vallée.

Le Val de Courre

Le Val de Courre est une vallée glaciaire qui s’est formée lors de la dernière période de glaciation. Il est donc tout beau tout neuf et très très jeune, en référence à l’échelle des temps géologiques, bien sûr.

Il est maintenant très difficile d’imaginer un glacier ici, en train de lentement raboter la montagne. D’autant plus qu’il fait très chaud aujourd’hui.

Les sangsues

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En traversant le petit ruisseau qui court en fond de vallée, nous nous arrêtons et y trempons les casquettes pour nous rafraîchir la tête. Maïna repère dans l’eau des sortes de vers noirs qui se tortillent et se dandinent, semblant jouer à cache-cache dans les cailloux. À bien observer ces bébêtes, nous comprenons sans souci que ce sont les sangsues du Sancy. Si, si 🙂 ! C’est vraiment la première fois que nous en voyons. Notre petite escapade commence vraiment très bien.

Les myrtilles

Sur le versant tout proche, quelqu’un ramasse des myrtilles. Nous sommes à la mi-juillet. Elles seraient donc déjà mûres ?!?!

En Bourgogne, ces délicieuses petites baies mûrissent fin juillet, début août. D’ailleurs, la fête de la myrtille de Glux-en-Glenne se déroule tous les ans à cette époque-là, depuis plus de cinquante ans. Ça se passe dans le Morvan, au pied du Mont Beuvray (site de Bibracte), à deux pas des sources de l’Yonne.

Mais revenons au Puy de Sancy et à notre randonnée.

Le Val de Courre

Nous découvrons alors au détour d’une barre rocheuse le Val de Courre dans son ensemble. Cette vallée est vraiment très belle, digne d’un décor du Seigneur des Anneaux.

Le métronome

Mais nous ne sommes pas tout seuls dans la montagne. Oh que non !

Quelques courageux nous suivent puis nous dépassent, au rythme de nos pauses assez nombreuses. En effet, c’est Marianne, notre asthmatique de service, qui donne la cadence.

Pourtant, le gros des troupes que l’on croise descend de la montagne. Par vagues très régulières. Nous comprenons alors que beaucoup montent en téléphérique et redescendent par le Val de Courre.

Calmes et détendues !

Un peu plus haut, nous faisons une de nos pauses à proximité d’un petit troupeau de vaches Salers. Très cools et très peu craintives (c’est vraiment étonnant pour des vaches), elles se laissent approcher et caresser très facilement. Toutefois, les veaux restent un peu à l’écart, sous bonne garde de quelques mères. Il y a même un taureau tout placide.

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Marianne et Maïna remarquent aussi de grands rapaces tournoyant dans le ciel. Nous savons d’emblée que ce ne sont pas des buses variables (oiseaux très communs chez nous et que nous connaissons bien). Les oiseaux que nous observons ici sont beaucoup plus gros. Comme nous sommes en montagne et vu l’envergure, Marianne émet l’hypothèse que ce sont des aigles royaux. Le panneau d’informations que nous trouverons plus haut, tout près du sommet du Sancy, nous amène à penser que c’est une famille de circaètes Jean-le-Blanc. Toutefois, les aigles royaux semblent revenir dans le Massif Central.

Quelle chaleur !

Nous avons déjà mouillé nos casquettes plusieurs fois dans le petit torrent qui creuse le fond du Val de Courre.

Nous nous hydratons régulièrement, aussi.

Pourtant, le soleil et la grande chaleur ralentissent nos pas : durant toute l’ascension, nous profitons de (trop) rares zones d’ombre. En fait, nous ne les trouvons qu’en haut de la vallée, à l’abri de quelques rochers.

Ici, la pente n’est plus la même, non plus : bien plus raide.

Encore un effort et le chemin, après de nombreux zigzags, s’aplanit un peu : nous arrivons au Col de Courre !

Laschamps. Vous connaissez ? Ce village, au pied du Puy de Dôme tout proche, est bien connu pour l’anomalie magnétique de ses roches volcaniques. Nous en parlons dans notre article Bien s’orienter avec une boussole : facile !

Le col de Courre

Une grande et belle plage ombragée nous accueille. Ça fait du bien de pouvoir se poser un peu et de reprendre nos forces. Malgré la grosse chaleur (même à près 1700 m d’altitude !), les organismes n’ont pas trop souffert.

D’ici, nous avons une vue magnifique sur le Val de Courre, au nord et sur le Cirque de la Fontaine Salée, de l’autre côté.

Vers l’ouest, nous suivons du regard le GR®30 qui s’en va par les crêtes en direction de la Tour Carrée.

Et de l’autre côté, nous apercevons enfin le Puy de Sancy, but principal de cette randonnée, et dont le sommet culmine près de 200 m au-dessus de nos têtes.

Le Col de Courre est aussi pour nous l’occasion de faire le point sur notre itinéraire. Ici, nous avons déjà fait un peu plus d’un tiers de la distance à parcourir mais, surtout, plus des deux tiers du dénivelé !

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Le Pas de l’Âne

Nous reprenons notre route et disons adieu au Val de Courre. Le sentier passe maintenant à flanc de montagne, avec une vue magnifique sur le Cirque de la Fontaine Salée et tout le sud de la chaîne des Volcans d’Auvergne. C’est une autre très belle récompense de cette randonnée au Puy de Sancy.

Les pentes du Mont Redon sont toute fleuries, tout comme la dernière partie un peu raide du Val de Courre. Après un petit passage un chouillat technique où il faut « escalader » un peu, nous découvrons l’impressionnant Val d’Enfer sur notre gauche. Avec ses pentes raides, il paraît très sauvage, inaccessible.

Nous arrivons ensuite rapidement au Pas de l’Âne et à la chaussée de bois qui relie la gare de téléphérique au sommet du Sancy.

Cette partie de l’itinéraire est en effet beaucoup moins éprouvante et plus rapide que ce que nous avons vécu en arrivant au Col de Courre.

La chaussée de bois

Comme nous l’avons déjà indiqué, nous souhaitons redescendre par le sentier qui zigzague le long de la Dore, au départ du restaurant.

Au Pas de l’Âne, nous décidons donc de faire un aller-retour jusqu’au sommet. En effet, une randonnée au Puy de Sancy sans monter au sommet, ce n’est tout simplement pas envisageable !

Nous empruntons donc le chemin de bois. Nous essayons d’imaginer le chantier de construction de cet immense escalier. En effet, il a fallu apporter et assembler des centaines de madriers : sans aucun doute un des travaux d’Hercule !

Très irrégulier, il suit le profil de la montagne. Ainsi, certains passages sont très pentus et d’autres beaucoup moins. Finalement, nous n’arrivons pas à trouver notre rythme dans cette ascension pénible.

Pourtant, cette « difficulté » ne nous empêche pas d’apprécier ce site grandiose.

Le sommet

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Nous arrivons enfin au sommet où nous attend un panorama à 360° sur toute l’Auvergne et même bien au-delà. En effet, par temps très dégagé, la vue porte jusqu’au Mont Blanc, à plus de 300 km d’ici ! Aujourd’hui, malgré un soleil implacable et un ciel sans aucun nuage, nous ne le voyons pas.

Par contre, au nord-est, le Puy de Dôme n’arrive pas à se cacher derrière les autres volcans. Plein est, les Monts du Forez ne sont pas assez hauts pour masquer les Alpes. Et au sud, nous découvrons les Monts du Cantal.

Décidément, cette randonnée au Puy de Sancy nous en met plein les mirettes ! Les paysages sont réellement à couper le souffle.

Le restaurant et le dernier départ

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Après avoir fait le plein d’images inoubliables, nous redescendons par le même côté pour aller vers la gare de téléphérique.

Le beau programme

Nous espérons donc y trouver un point d’eau pour compléter nos réserves, des toilettes, une boisson fraîche ou une glace au bar-restaurant et aussi le petit sentier pour redescendre.

La grande désillusion

En fait, quand nous arrivons, le dernier téléphérique est annoncé (il est donc 18h00 tout juste passé ), le resto est déjà fermé, ainsi que les toilettes publiques. Quant au petit chemin, on ne peut plus l’emprunter depuis ici (sans doute pour limiter l’érosion des sols des pentes fragiles de la montagne).

Bref, rien de ce que nous avions prévu ne pourra se réaliser. Zéro pointé 🙁 !

Mais rien de bien grave car, finalement, le téléphérique n’était pas au programme, les toilettes et le plein d’eau n’étaient envisagés que par précaution et la pause glaces était une espèce de bonus.

Ce qui nous embête un peu plus, c’est de ne pas pouvoir descendre par le petit chemin. Il va donc falloir rentrer par la large piste que nous avons repérée, elle aussi, au départ et qui correspond à la variante du GR®4 de la carte. Donc rien de bien grave là non plus, mais on ne se refait pas : on a toujours trouvé plus de charme et d’intérêt à une ruelle qu’à un grand boulevard 🙂 !

Le retour

Donc, pour terminer cette belle randonnée au Puy de Sancy, nous descendons par le Pan de la Grange, la variante du GR®4. C’est, l’hiver, une belle piste de ski.

Dur-dur

En été, c’est malheureusement un peu moins chouette 🙁 . C’est en fait une piste de gros caillous qui roulent sous les pieds. La progression est donc difficile.

Il faut en effet être vigilant tout le long de cette avenue, sur plus de deux kilomètres.

Les genoux et les chevilles sont donc plus que sollicités. De bonnes chaussures de randonnées sont ici vraiment indispensables pour pallier un moment d’inattention et limiter la casse.

Ainsi, ce grand chemin, en descente, est franchement épuisant (nerveusement).

Les récompenses

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C’est à mi-pente que Maïna repère un chamois puis un renard sur les bords de la Dore. Après quelques minutes d’observation, Maître Goupil disparaît.

Une centaine de mètres plus loin, deux autres chamois broutent eux aussi l’herbe des rives de la Dore.

Puis un peu plus bas, grâce à Maïna encore, nous pouvons observer une petite harde de chamois sur les pentes du Puy des Crebasses.

Nous avions déjà vu des chamois, certes, mais c’était en voiture. C’est bel et bien une grande première en randonnée.

Et voir des animaux sauvages, c’est toujours pour nous un instant magique ! Une sorte de bouquet final pour cette randonnée au Puy de Sancy.

Vous aimez la moyenne montagne ? Alors allez faire un tour dans le jura suisse, au Mont Sâla.

Petit bilan de cette randonnée au Puy de Sancy

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Cette randonnée n’est pas franchement simple.

L’équipement

Il est absolument nécessaire de partir avec un équipement correct, notamment de bonnes chaussures de randonnée. Nous serions même tentés de conseiller des chaussures montantes, qui tiennent mieux les chevilles dans les cailloux du Pan de la Grange.

Nous sommes ici en moyenne montagne, et le sommet du Sancy est battu par tous les vents. Si aujourd’hui nous sommes montés en T-shirt par 25 °C au sommet, ce n’est pas tous les jours le cas. Il faut prévoir, même en été, des habits chauds dans le sac. À près de 2000 m, il faut savoir peut vite faire froid.

L’équipement va aussi dépendre de la météo qu’il est important de vérifier avant le départ.

La descente par le Pan de la Grange

La descente par le Pan de la Grange est en effet usante, très fatigante. Elle demande une vigilance de tout instant.

Aussi, voici les alternatives que nous vous proposons pour éviter ce retour pénible :

  • Le plus simple est de faire la boucle en sens inverse. En effet, monter un chemin avec des cailloux qui roulent sous les pieds est sans doute épuisant mais c’est moins fatigant (et dangereux) pour les chevilles et les genoux. De cette manière, on termine aussi par le Val de Courre : le meilleur pour la fin 🙂 !
  • Un autre moyen, tout aussi sympa mais plus long, est de passer par le Col de la Cabane et de suivre la ligne de crête par le Puy des Crebasses, le Puy de Cacadogne et le Roc de Cuzeau. Continuer ensuite jusqu’au plateau de Durbize pour redescendre par le chemin d’accès aux voies d’escalade de la Tête de Flon. La boucle fait alors 11 km avec un dénivelé positif de 820 m.
  • Descendre par le téléphérique. Dans une Petite Randonnée, c’est une alternative que nous n’avons encore jamais utilisée. Par contre, en randonnée itinérante, nous nous sommes déjà servis d’une telle option pour faire une longue étape tout en motivant les troupes 🙂 .
  • Une autre formule est de ne pas y aller du tout ! C’est simple, pas cher et très peu fatigant. C’est effectivement une méthode d’une logique implacable : pas de montée donc pas de descente fatigante à faire après ! Mais aussi aucun souvenir de cette magnifique randonnée, aucune belle rencontre…

L’heure H

Nous partons d’habitude en randonnée le plus tôt possible. Avec des enfants, il faut généralement compter sur 8h30 ou 9h00. Pour cette magnifique randonnée, nous n’avons pas pu décoller avant le début de l’après-midi. Nous avons donc eu la « chance » de marcher sous la grande chaleur et de croiser beaucoup, beaucoup de monde…


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6 réflexions sur « Randonnée au Puy de Sancy »

  1. Ouah !!! Plus qu’un guide de randonnée, cet article est un témoignage de voyage digne d’un roman, rien qu’à te lire j’ai parcouru le sentier avec vous. Bravo

  2. Je le dis régulièrement, mais c’est tellement vrai : j’aime randonner à travers tes articles!
    Effectivement sous cette chaleur, il peut être difficile de faire de la rando. Je suis montée à un peu plus de 1800m d’altitude avec mes loulous il y a quelques jours. C’était chouette…mais je le referais quand il fera moins chaud (et moins de monde!) L’avantage d’être en altitude c’est qu’on prend un bon bol d’air…même si l’air est chaud!

  3. Magnifique randonnée ! Voir ces rapace est d une telle beauté 🤗 j’ai bien rit en lisant tes conseils, car cela m’a rappelé un jour de sortie à l’improviste, où nous nous sommes retrouvés au piton de la fournaise en short, tee shirt et tongs 🤭😂 !

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