Le balisage des chemins

Le balisage des chemins

Quand on organise une randonnée avec sa petite famille, notre soucis premier est que tout se passe bien. Une des grandes craintes est de se perdre surtout lorsqu’on n’a jamais vraiment fait de la randonnée. Ou tout simplement on ne connaît pas du tout la région où l’on passe ses vacances. Combien de randonnées sont gâchées parce que l’on ne retrouve plus son chemin ! D’où l’importance de bien connaître le balisage des chemins.

Il faut savoir que la France est sillonnée de milliers de kilomètres de chemins balisés pour vous guider.

S’entraîner au balisage

Pour les plus timorés et pour se faire une petite idée de ce qu’est un chemin balisé, il peut être intéressant de commencer par faire un parcours historique dans une petite ville.

En effet, de nombreuses villes, notamment celles du réseau Villes et Pays d’Art et d’Histoire, se dotent maintenant de parcours fléchés permettant de visiter leurs centres historiques : c’est à la fois court et très facile.

Des flèches en bronze, scellées sur les trottoirs ou les pavés des rues piétonnes, illustrées d’un dessin rappellent le plus souvent un symbole de la ville :

  • Les anneaux de l’illustre Orbandale à Chalon-sur-Saône
  • La chouette, porte-bonheur de l’église Notre-Dame de Dijon
  • Le chat perché à Dole, rappelant que Marcel Aymé a grandi dans cette ville
  • Le dragon de Saint-Pol-de-Léon, tout droit sorti d’un chapiteau de la cathédrale
Balisage chat perché à Dole
Le chat perché
Balisage dragon à Saint-Pol-de-Léon
Le dragon

Ce fléchage est doublé d’un plan papier où le parcours historique est clairement tracé et qui donne toutes les indications, les noms de rue et les points de repère nécessaires.

Ainsi, même pour des débutants, il est difficile de se perdre. A vous d’essayer maintenant, entraînez-vous à repérer ces marques. En plus, un jeu de piste comme ça, c’est très ludique et les enfants adorent.

Le balisage des circuits de Promenade et Randonnée

Malheureusement, à la campagne, les choses sont un peu différentes et un chouillat plus compliquées (mais rien d’affolant, rassurez-vous !). En effet, il est difficile de mettre une flèche tous les dix mètres. Et, surtout, il n’y a pas de panneau avec le nom du chemin. Mais pas de panique, un balisage spécifique permet de s’y retrouver facilement.

Commençons par la PR®, c’est-à-dire la Promenade et Randonnée (plus souvent appelée Petite Randonnée), qui permet de découvrir un village et ses alentours, avec son lot d’anecdotes historiques ou géographiques.

Ce sont souvent des trajets assez courts, mais qui atteignent parfois une vingtaine de kilomètres. Mais ces promenades ne dépassent jamais la journée.

Il s’agit toujours des circuits en boucle.

Le balisage de ces parcours locaux est fait depuis bien longtemps et a évolué avec les années. Et comme ancienne et nouvelle méthode coexistent dans nos campagnes, nous pensons qu’il est nécessaire de s’attarder un peu sur les différents manières utilisées pour baliser les chemins.

Les premiers balisages

Au début, s’il y avait plusieurs parcours sur une même commune, chacun avait sa couleur. Il y avait le jaune (le plus courant), le blanc, le bleu, le rouge et même le vert. Mais cette couleur n’est pas vraiment facile à repérer dans la nature.

Et ne vous étonnez pas de croiser ces vieilles marques (points, traits ou flèches) : nous en voyons encore régulièrement.

Balisage PR flèche verte peinte au sol
balisage PR mauvaise direction bleu et jaune
Balisage PR double barre bleu

Toutefois, toutes ces couleurs ne sont là que pour distinguer les différents circuits. Elles n’ont rien à voir avec une quelconque notion de difficulté ou de longueur. Contrairement au ski ou au VTT où le vert indique la facilité, le noir la difficulté, le bleu et le rouge, des niveaux intermédiaires.

Un des problèmes de ce type de balisage est qu’un sentier commun à trois parcours sera repéré avec trois couleurs. C’est ainsi que naissent les arbres ou les piquets « arlequins » ! Très joli mais imaginez un peu le travail que ça représente pour les personnes qui entretiennent tout ça !

Balisages multiples PR et GR sur potelet
Balisages multiples PR et GR sur potelet

C’est pourquoi tout ceci tend à disparaître et évolue vers une méthode nouvelle qui semble se standardiser.

Les balisages actuels

Ainsi, à l’heure actuelle, de nombreuses communes se dotent d’un réseau de circuits de randonnée un peu plus « pro ». Il s’agit de circuits avec panneau de départ (le fameux totem), repères (peinture ou autocollants), poteaux directionnels.

Une différence majeure est que l’on repère tous les parcours de la même couleur mais chacun a son numéro. On utilise le jaune très souvent, parfois le jaune et une autre couleur comme en Ardèche ou dans le Doubs. On retrouve alors un trait jaune régulièrement le long des chemins et un poteau directionnel à chaque séparation de circuits. Ces derniers comportent :

  • flèches
  • numéros des parcours
  • nombre de kilomètres restant à parcourir
  • temps de marche (en région montagneuse)
  • altitude (en région montagneuse)

Et tout est fait pour que l’on puisse prendre le chemin dans un sens comme dans l’autre.

Les 3 repères utilisés sont standardisés et préconisés par la Fédération Française de Randonnée Pédestre (ou FFRandonnée), copiés sur ce qu’elle a développé pour les chemins de Grande Randonnée.

Et oui, seulement 3 symboles suffisent à baliser les chemins :

Balisage PR jaune tournez à droite
Tournez
Balisage PR jaune croix mauvaise direction
Pas par là !
Balisage PR trait jaune bonne direction
Vous êtes sur le bon chemin

Des notions essentielles sur le balisage

Une marque de changement de direction vous informe qu’il faut prendre le premier chemin sur la gauche ou la droite. Mais elle ne comporte aucune notion d’angle : ne vous étonnez pas si le chemin à emprunter n’est pas perpendiculaire mais dévie très peu ou, au contraire, forme presque une épingle à cheveux.

Et il est peut-être utile de préciser qu’une croix indiquant une mauvaise direction est unique. Ainsi, si on loupe cette marque, on se retrouve sur un chemin sans aucune balise.

Pour finir, un circuit de Petite Randonnée peut emprunter un tronçon de sentier de Grande Randonnée. C’est normalement très bien indiqué sur les panneaux de départ et les topoguides. A cet endroit, le balisage utilise les marques blanches et rouges du GR®.

Le balisage des chemins de Grande Randonnée

C’est en 1946 que la FFRandonnée définit les grandes lignes du maillage français des futurs chemins de Grande Randonnée ainsi que le système de balisage. Ce dernier s’inspire fortement de ce qui est déjà fait en Allemagne, Belgique, Suisse ou dans les Appalaches (Amérique).

Les GR® sillonnent la France en long, en large, en travers, en longeant les côtes et ne sont jamais des circuits : on part d’un point, on arrive à un autre et on revient au point de départ soit en refaisant le chemin en sens inverse, soit en bus ou en train. Chaque GR® (ou presque) porte un numéro.

Remarquez que certains GR® portent un nom particulier et nous invitent à suivre un itinéraire historique. C’est le cas du chemin de Stevenson (GR70) qui rappelle le voyage que Robert-Louis Stevenson (oui, oui, l’auteur un peu bohème de l’Île au Trésor) a fait avec son ânesse à travers les Cévennes en 1878. Nous pensons aussi à la voie de Régordane qui correspond au GR700.

Et c’est donc avec ce marquage officiel, les fameuses marques blanches et rouges, que la FFRandonnée a balisé tous les GR® de France :

Balisage GR blanc et rouge tournez à droite
Tournez
Balisage GR croix blanche et rouge mauvaise direction
Pas par là
Balisage GR blanc et rouge bonne direction
Vous êtes sur le bon chemin

Plus tard, naîtront les GRP® ou GRdP® (les chemins de Grande Randonnée de Pays) qui, eux, proposent des circuits à parcourir en plusieurs jours. Un GRP® est donc une boucle qui fait le tour d’une région ayant une identité culturelle, géographique ou historique très forte.

Les balises, similaires à celles des GR®, sont jaunes et rouges :

Balisage GRP jaune et rouge tournez à droite
Tournez
Balisage GRP croix jaune et rouge mauvaise direction
Pas par là
Balisage GRP jaune et rouge bonne direction
Vous êtes sur le bon chemin

D’autres balisages en randonnée pédestre

En parallèle de tous ces chemins, vous croiserez sans aucun doute lors de vos pérégrinations d’autres marques. Faisons le tour de ce que vous rencontrerez le long des sentiers, balises de chemins plus spécifiques ou autres marques. Et non ! vous le verrez, les randonneurs ne sont pas les seuls à se servir de repères dans la nature. Mais commençons déjà par les autres sentiers pédestres.

Les sentiers européens de Grande Randonnée

Aux PR®, GR® et GRP®, nous pouvons aussi ajouter ces très longs itinéraires de randonnée qui traversent de nombreux pays européens sur plusieurs milliers de kilomètres (plus de 10000 pour le sentier E4, un chemin qui part du Portugal et finit à Chypre !).

Six sentiers Européens de Grande Randonnée traversent la France. Et chacun a sa marque : un carré de couleur barré d’un trait horizontal d’une autre couleur. Toutefois, ces chemins suivent le plus souvent des GR® et utilisent les marques blanches et rouges : il est donc rare de rencontrer leurs balises.

Le balisage dans les Vosges

Si vous avez l’occasion de randonner dans le massif des Vosges, vous verrez que tous les chemins (même les GR® !) sont balisés à la mode vosgienne. C’est un peu déroutant pour qui ne connaît pas et n’a jamais pratiqué mais tout est très bien indiqué. Il faut simplement bien se renseigner au préalable, notamment auprès du Club Vosgien.

Les balisages des chemins de pèlerinages

Les chemins de Compostelle

Les chemins de Compostelle forment un réseau immense traversant la France entière et tout le nord-ouest de l’Espagne.

Coquille Saint Jacques en bronze à Vézelay
Clou de bronze au départ de Vézelay

En France, seulement deux marques représentant une coquille Saint-Jacques stylisée, jaune sur fond bleu, permettent de baliser ces chemins. Mais des balisages basés sur le marquage officiel FFRandonnée existent aussi.

Balisage Compostelle Coquille tournez à droite
Tournez
Balisage Compostelle coquille mauvaise direction
Pas par là
Balisage Compostelle coquille bonne direction
Vous êtes sur le bon chemin
Balisage Compostelle jaune et bleu tournez à droite
Balisage Compostelle jaune et bleu tournez à gauche

Le Tro Breizh

Cet autre chemin de pèlerinage fait, comme son nom l’indique, le Tour de Bretagne des hauts lieux sacrés.

Son marquage reprend le balisage officiel des GR®, mais à la mode bretonne : du blanc, du noir et l’incontournable hermine :

Balisage du Tro Breizh blanche et noir avec hermine tournez à droite
Balisage du Tro Breizh blanche et noir avec hermine bonne direction
La sympathique hermine
du Tro Breizh

Les chemins du Mont-Saint-Michel

Toujours en Bretagne, mais aussi en Normandie et bien au-delà, vous pouvez aussi rencontrer les marques de cet autre réseau de chemins de pèlerinage, mais celui-là fait plus dans le bleu clair.

Clou en bronze des chemins du Mont-Saint-Michel

Balisage des chemins du Mont-Saint-Michel tournez à gauche
Balisage des chemins du Mont-Saint-Michel bonne direction
En route vers le Mont-Saint-Michel

Le balisage hors randonnée pédestre

Les parcours VTT

On les balise avec des marques très différentes de celles de la randonnée pédestre : 2 ronds et un triangle. Il n’y a donc vraiment pas lieu de se tromper.

Balisage VTT
Balisage VTT

La randonnée équestre

Nous avons vu tout à l’heure que l’on pouvait repérer les PR® par différentes couleurs. L’orange ne figure pas dans la liste car c’est la couleur réservée aux circuits de randonnée équestre. Ce marquage est souvent doublé de pannonceaux portant un signe rattaché au monde équestre : fer à cheval, tête de cheval, étrier…

Balisage équestre pied dans l'étrier
Balisage équestre fer à cheval

Les marques orange symbolisant un chariot : 2 ronds surmontés d’une barre balisent les chemins utilisés par les attelages équestres

Les autres marques que vous serez amenés à rencontrer

Les marques de bûcheron

Les principaux autres utilisateurs de marquages dans la nature sont les exploitants forestiers. Ces marques peuvent être de vrais pièges pour un randonneur non averti, pour peu qu’elles soient de la même couleur que le balisage du chemin. Ces repères sont des traits horizontaux mais plus longs que ceux utilisés pour le balisage des chemins de randonnée. En général, ils font au moins 30 à 40 cm. Au moindre doute, regardez aux alentours : un arbre marqué par les bûcherons est rarement seul.

Marquage jaune bûcheron sur un arbre
Attention ! Ce n’est pas un balisage de randonnée

Les forestiers repèrent aussi les arbres coupés mais il n’y a pas à se tromper : on ne balise jamais de chemin dessus.

Les cairns

Par contre, lors de vos pérégrinations en zone aride (haute montagne bien sûr mais aussi garrigues), il se peut que vous soyez guidés par des balises d’un tout autre genre : les cairns. Vous savez, ces tas de pierres, comme on en voit sur les plages de galets ou dans les jardins orientaux. C’est très esthétique mais sur le bord de chemins mal tracés ou dans des pierriers, c’est un marquage terriblement efficace. Un vrai jeu d’enfant (dans les deux sens du terme !). C’est même magique ! Nous l’avons vécu en Ardèche. Des cairns nous ont menés au dolmen que nous cherchions sans aucun besoin de carte ou de boussole !

Guider est d’ailleurs la fonction première des cairns. C’est peut-être la crainte de se perdre qui fit naître une tradition un peu superstitieuse : quand on voit un cairn on est toujours tenté d’y ajouter une pierre…

Cairn au bord d'un petit chemin

Le balisage : quelques précisions

C’est bien beau de lister des tas de marquages différents mais il faudrait peut-être savoir ce que c’est exactement, où et comment les trouver.

Comme vous avez pu le voir sur les photos, tous ces symboles sont soit peints (principalement dans la campagne), soit collés (plutôt en zone urbaine), soit gravés sur des panneaux directionnels et fixés sur des poteaux.

Au fait, on les trouve où, toutes ces marques ? On aurait envie de répondre : « sur le chemin, pardi ! » En fait, ça paraît peut-être idiot, mais les balisages sont au bord du chemin, à portée de main et une marque sur un arbre écarté de votre sentier est à coup sûr autre chose que le balisage de votre chemin.

Et il y en a beaucoup ? En théorie, il n’y a besoin de marques qu’aux intersections de chemins ou de routes mais il y a souvent des balises intermédiaires, en général tous les 100 ou 200 m. Et d’expérience, ça fait du bien d’en voir régulièrement, même le long d’un chemin où il n’y a pas lieu de se tromper. En effet, on se demande toujours si, quand on papotait tout à l’heure, on n’a pas loupé le petit sentier discret qu’il aurait fallu emprunter.

Ensuite, les marques indiquant un changement de direction sur un chemin de randonnée, c’est un peu comme les panneaux sur les routes : on les place généralement quelques mètres avant.

Pour finir, les balises se trouvent souvent à hauteur d’yeux, à environ 1,50 m du sol. Mais sur le terrain, vous en verrez plus bas (même sur le sol !) et aussi bien plus haut.

Supports utilisés pour le balisage

Les balises sont généralement peintes sur les arbres mais on en trouve sur d’autres supports :

  • poteau électrique ou téléphonique
  • piquet
  • potelet
  • rocher
  • marche d’escalier
  • gouttière
  • rambarde
  • mur
  • dos ou poteau de panneau de la circulation routière
  • barrière
  • trottoir
Joli balisage en tôle (feuille de chêne), fixé sur un rocher
Chez Merlin, en pays de Brocéliande

Balisages PR bleu et jaune sur marche en bord de mer
Sur une marche (très discret)
Marque de GR blanche et rouge de mauvaise direction au dos d'un panneau
Au dos d’un panneau

Bref, vous en verrez sur tout ce qui est suffisamment gros pour porter un petit trait de peinture ou un autocollant de 7 ou 8 cm de côté. C’est une des difficultés de la randonnée : repérer des marques de PR® ou de GR® demande parfois un peu d’expérience, surtout en ville où les balises sont noyées au milieu de mille autres détails.

Eh bien dites donc, ça doit être difficile de se perdre avec tout ça !

Détrompez-vous : un balisage, aussi bien fait soit-il, n’est pas suffisant. Il faut absolument vous munir d’une carte, d’un plan, d’un topo-guide ou d’une trace GPS. C’est pour nous un minimum. Avec une boussole, on frise la perfection ! C’est un point essentiel car, même en oubliant les petits pièges dont nous parlons un peu plus bas, vous pouvez être amenés à consulter la carte pour des tas de raisons différentes :

– vous ne voyez plus de marques : comment savoir si c’est un problème de balisage ou si vous n’êtes pas sur le bon chemin?

– il faudrait écourter et dans ce cas, quel est le trajet le plus court : continuer, revenir sur ses pas, prendre un chemin de traverse ?

– en préparant la randonnée, vous avez repéré un lavoir proche de votre parcours : mais où est-il exactement ?

– en randonnée familiale, il n’est pas rare d’entendre : « il reste combien de kilomètres à faire ? »

– des balises ou des panneaux ont été arrachés ou détériorés et sont devenus illisibles.

Vous pouvez aussi découvrir notre article Lire une carte IGN : les bases

Quelques petits conseils sur les pièges à éviter

Ah ! Ces têtes en l’air !

Voici l’erreur que nous avons très souvent faite, au début : suivre le sentier sur lequel on se trouve et non les repères. Il est très fréquent de marcher sur un chemin bien tracé où il semble impossible de se perdre. On s’y sent bien et on papote, et on fait des plans sur la comète, et on ne regarde plus le balisage qui indique qu’il faut prendre le petit sentier, là, qui part sur la droite. Quand on y pense, on en a fait des kilomètres en trop parce qu’on était trop confiants. Maintenant, ça va mieux, on papote toujours (il ne faut pas arrêter, il faut se faire plaisir) mais on est beaucoup plus attentifs au balisage, aux petits chemins cachés sur les côtés. Et à chaque intersection, chaque changement de direction, on vérifie les marques.

Ces coquins de détours !

Quand on suit un parcours qu’on a défini, on s’y tient : pas question d’aller voir la petite chapelle indiquée sur des panneaux, juste là, à 500 m. Ce n’est pas beaucoup 500 m, mais c’est une distance qui n’a pas été prévue lors de la préparation de la randonnée. Cette préparation tient compte normalement de la forme de chacun. C’est donc un peu plus de distance mais aussi du temps, et éventuellement du dénivelé. C’est dans tous les cas de la fatigue qui n’était pas au programme. Et il faudra peut-être aussi faire le retour, donc 500 m de plus ! Le mieux est d’oublier la chapelle pour le moment et se dire que ce sera le sujet d’une autre randonnée.

Pas forcément meilleurs que vous !

Ne suivez pas aveuglément des randonneurs qui vont a priori au même endroit que vous : tout le monde peut se tromper, ne l’oubliez pas, même eux, même s’ils semblent expérimentés. Vérifier régulièrement votre parcours, comme vous en avez l’habitude.

Pb de PR !

De manière générale, et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il est plus facile de se perdre sur des circuits de Petite Randonnée que sur des GR®. En effet, il est très courant que plusieurs circuits de Petite Randonnée se côtoient, se coupent et se croisent, créant un joyeux méli-mélo de balises, pas forcément judicieuses. Quant au GR®, ce sont les bénévoles de la FFRandonnée formés au balisage qui s’en occupent.

Et s’il y a plusieurs marques jaunes sur le même arbre ? Une qui indique de tourner à gauche et l’autre de tourner à droite, par exemple. « Mais c’est impossible. » nous direz-vous. Eh bien si, c’est possible : vous en croiserez forcément, c’est même plus fréquent qu’on ne l’imagine. Et là, il faut faire une pause, ne pas paniquer, prendre son temps, sortir sa carte, sa boussole et vérifier sa position et le trajet prévu. En général, on se repère assez vite.

Plusieurs balisages PR sur un même arbre
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Plusieurs balisages PR sur un poteau
On tourne ou pas ?

Pas toujours fiable, le vieux balisage !

En fait, on se perd peut-être moins avec un double balisage que sur un vieux parcours mal entretenu où les marques effacées sont peu visibles. En effet, dans ce cas, il n’est pas facile de faire la part des choses, de différencier une vieille marque d’un lichen. Les hêtres sont d’ailleurs assez sournois avec leurs collections de fausses marques. On a même tendance à inventer des balises. Dur, dur. La carte et la boussole sont indispensables dans des cas comme ça.

Vieux balisage jaune et rouge effacé, sur un tronc
Pas facile !

Le terrain, il n’y a que ça de vrai !

Parfois, il arrive que le parcours balisé diffère de ce que votre topo-guide vous annonce. Dans ce cas, il faut toujours privilégier les infos du terrain et ne pas suivre celles du livre. En effet, les topo-guides ne sont pas mis à jour tous les ans et celui que vous avez est peut-être une vieille édition. Qui plus est, la modification du balisage n’est peut-être que temporaire pour contourner une zone de travaux ou un éboulement par exemple. Là, il faut prendre son temps, se situer et ensuite essayer d’imaginer le nouveau trajet tout en ayant une vision la plus globale possible de la région. C’est-à-dire repérer son point d’arrivée, les villages, les vallées, les routes, les lignes à haute tension… Bref, tout ce qui permettra de se repérer et être sûr de ne pas faire fausse route. En tout cas, restez aux aguets, l’œil rivé sur la carte.

Ben… Il est où le balisage ?

Si vous ne voyez plus de balise, soyez très vigilant, surtout si votre parcours était jusque là très régulièrement balisé. Votre premier réflexe ici sera de consulter la carte et d’essayer de savoir où vous vous trouvez. Si vous pensez être sur le bon chemin, continuez prudemment, en cherchant les balises. Si le lieu ne correspond à rien sur la carte, le plus sage est de rebrousser chemin, jusqu’à la première intersection. C’est le moment d’être très attentifs car si vous avez raté un sentier et des marques à l’aller, c’est peut-être parce que ceux-ci se sont faits un peu trop discrets.

Un vrai cas d’école !

Nous commencions le chapitre précédent par un problème que nous avons longtemps rencontré. Nous allons conclure par la seule fois où nous nous sommes vraiment perdus. Où il a fallu que nous demandions notre chemin.

Tranquille Mimile !

A l’époque nous n’étions plus vraiment débutants : déjà une quinzaine d’années d’expérience. Nous n’étions pas non plus en train de crapahuter sur des chemins mal balisés : c’était sur un GR®, doublé du balisage des chemins de Compostelle. Nous étions vers la fin d’une (trop) longue étape : 18 km, c’est énorme, en randonnée familiale et autonomie complète. La fin de cette étape : le camping d’Estivareilles, dans la Loire, au bord du chemin de Compostelle. Et nous suivions aveuglément les coquilles : sur un chemin aussi bien balisé que celui-là, c’est impossible de se perdre. Sauf pour des poissards comme nous…

Expérimentés, vous disiez ?

Normalement arrivés en vue du village, nous avons fait une pause et sorti le topo-guide du sac pour faire le point. Et hormis le fait que nous étions sur le chemin de Compostelle et que la direction du chemin était bonne, rien ne correspondait. La croix où nous étions et le hameau à 200 ou 300 m sur notre droite n’étaient pas sur la carte. A n’y rien comprendre. Après avoir longuement réfléchi, envisagé tous les scénarios possibles, nous avons décidé d’aller aux maisons demander notre chemin. Heureusement que la personne savait lire une carte : le hameau du Crozet était en dehors et la croix où nous avions posé les sacs était à moitié représentée, en limite de la page du topo-guide. En fin de compte, nous étions à plus de 2,5 km d’Estivareilles, sur le GR® qui mène à Craponne-sur-Arzon.

Mais comment est-ce possible ?

Le chemin de Compostelle, qui venait d’être balisé, avait déjà changé de parcours ?!??!! Eh bien non ! Craponne avait tout simplement balisé « son » GR® avec les coquilles jaunes et bleues, en prenant soin de remplacer la balise du chemin officiel à la bifurcation des GR®. Ni vu, ni connu, je t’embrouille : on tourne à droite au lieu d’aller tout droit. Résultat : nous avons marché ce jour-là près de 21 km et puisé dans nos réserves physiques !

Pour conclure

Comme vous l’avez compris, le balisage est un point important sur les chemins. Il est donc capital d’apprendre à bien le comprendre, à bien l’analyser, à bien savoir… s’en passer. Cela peut paraître bizarre dit comme ça mais l’idée est que l’on ne doit pas en être dépendant. Le balisage doit rester un complément indispensable et rassurant à la lecture de la carte et à l’utilisation de la boussole.

Racontez-nous, dans les commentaires, vos plus belles réussites, vos plus splendides déboires

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16 réflexions sur « Le balisage des chemins »

  1. Merci pour cet article très complet ! Je pratique la randonnée depuis pas mal d’années et j’ai appris plein de choses. C’est vrai que les balisages sont parfois assez aléatoires, je me souviens de la Suisse où toutes les directions et temps sont indiqués partout, le top !

  2. Whaou, un article super complet sur le balisage et, en plus, super bien illustré. Merci beaucoup pour ce partage. Il y a passablement de balisages que je ne connaissais pas.

  3. Nous avons récemment visité Chambéry grâce aux éléphants balisés au sol. Il y a quelques années, nous avons perdu le balisage dans une forêt en Roumanie. Nous étions bien perdu!

    1. Nous ne le connaissions pas ce parcours à Chambéry. Il sera à faire un jour.
      En effet, il ne faut pas grand chose pour rater une balise et se perdre.

  4. Merci pour cet article super instructif !! Beaucoup d’informations précieuses.
    Lors de ma prochaine rando je prendrai cet article en guide ! 😉

  5. Article hyper intéressant pour moi qui pratique l’école dehors avec les enfants ! Cela m’amène suffisamment de connaissances pour pouvoir me lancer dans l’expérience de la randonnée, lentement mais sûrement, un pied devant l’autre 🙂 Un grand merci !

    1. Merci, la randonnée est une si belle expérience à vivre ! Depuis que nous pratiquons avec nos enfants, c’est devenu encore plus magique. Les éveiller à la nature a été une évidence pour nous.

  6. un article complet et bien documenté, merci beaucoup ; je randonne souvent en famille et nous nous sommes perdus il y a peu de temps ; les enfants étaient en tête et ont perdu le balisage ; en montagne c’est un peu embêtant quand on se retrouve tout en bas mais du mauvais côté de la vallée ; pas possible de faire le tour ; il a fallu tout remonter !!! les jeunes étaient ravis car ils ont trouvé des ossements d’herbivores, les parents étaient crevés. Il faut être vigilants d’ailleurs dans ces cas, car nous avons manqué d’eau

    1. C’est le problème de la montagne. Quand on est sur le mauvais chemin, il y a rarement possibilité de rattraper par un autre. Comme ils trouvé des ossements, cela restera un beau souvenir pour les enfants, un peu moins pour les parents…
      Merci pour ce témoignage

  7. Et bien, je ne pensais pas que le balisage était aussi important et à la fois aussi nombreux en terme de différences ! Merci beaucoup car le balisage n’est absolument pas mon point fort en randonnée 🙂

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