Eveil sensoriel par la nature de vos enfants

Eveil sensoriel par la nature de vos enfants

L’éveil sensoriel au contact de la nature est vraiment important. Nos technologies, aussi utiles soient-elles, nous éloignent peu à peu d’elle. Tant de recommandations nous poussent à nous en méfier : on nous incite à ne pas ramasser les fruits sauvages probablement infectés par le renard, se promener dans la nature est une source sûre de piqûre de tiques, attention au loup, à l’ours, à la vipère, certaines plantes sont allergènes… Une multitude d’informations anxiogènes qui conduit certains d’entre nous à l’éviter. Nos enfants seraient plus en sécurité derrière leurs écrans ? J’en doute très fort.

En attendant, dans leur forteresse sécurisée, ils ne sont que très rarement en contact avec l’essentiel : les plantes, les arbres, le chant des oiseaux, le parfum des arbres en fleurs, la rencontre avec un animal à la tombée du jour… L’éveil sensoriel au contact de la nature est plus que primordial. Il est… normal car nous en faisons partie.

Nous vous proposons donc des activités à la découverte de nos cinq sens : le toucher, l’ouïe, le goût, la vue et l’odorat.

Le toucher

Le sens du toucher est le premier développé chez l’embryon humain. Il passe par la peau qui est l’organe le plus étendu de notre corps. Elle est sillonnée d’une multitude de terminaisons nerveuses. Rien que pour chacune de nos mains, on en dénombre plus de 17 000.

L’écorce du bout des doigts

Faites-lui découvrir les écorces des arbres avec les mains : est-elle lisse ? Craquelée ? Rugueuse ? Piquante ? Incitez-le à utiliser ses mots pour la décrire.

Apprenez-lui les noms des arbres si vous les connaissez.

Chêne
Bouleau
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Sureau
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Noyer

Puis bandez-lui les yeux et redemandez-lui de décrire l’écorce. Si possible, il pourra chercher à identifier l’arbre.

Vivre une expérience de podonudisme

Le podonudisme consiste à se déplacer sans chaussure pour se reconnecter à la terre.

Marcher avec lui pieds nus dans la nature : sur l’herbe, le sable, la terre, les cailloux. Multiplier les expériences. Echangez vos ressentis : l’herbe, c’est frais, le sable, c’est doux, les cailloux, ça pique…

Cory Staudenmaier – Pixabay

Vous hésitez à emmener votre tout-petit en randonnée ? Partez rassuré-e avec notre article En vadrouille avec un tout-petit

L’ouïe

L’ouïe nous permet de percevoir les sons, plus spécifiquement les ondes sonores. Celles-ci sont d’abord captées par l’oreille externe puis sont envoyées jusqu’au tympan qui, alors, se met à vibrer. Ces vibrations sont amplifiées dans l’oreille moyenne grâce à des petits osselets appelés marteau, enclume et étrier. Dans la paroi de la cochlée, cavité de l’oreille interne, on retrouve des cellules sensorielles. Quand les ondes parviennent à cet endroit, ces dernières les transforment en impulsions nerveuses. Et enfin, grâce au nerf auditif, elles rejoignent le cerveau.

Petit concert champêtre

La saison des amours débutant, c’est le moment de rejoindre les mares et les étangs à la tombée du jour et d’écouter le chant des grenouilles et des crapauds.

Pour mieux profiter de cet instant, suggérez à votre enfant de fermer les yeux.

Pour apprendre à identifier certaines espèces, vous pouvez les écouter sur info fauna, le centre de coordination et de protection des reptiles et amphibiens en Suisse. Les espèces proposées sont communes en France, mis à part la rainette italienne que l’on trouve en Italie (étonnant 😉 ) en Suisse et en Slovénie et la grenouille de Lataste présente en Suisse, en Italie, en Slovénie et en Croatie.

Vous pouvez aussi entendre la grenouille taureau (ça ressemble au bruit du sabre laser dans la guerre des étoiles 🙂 ), le pélobate brun, le pélodyte ponctué.

Il en existe bien d’autres. On dénombre en France 25 espèces d’amphibiens anoures (sans queue à l’âge adulte).

Franck Winkler – Pixabay

Improvisez un xylophone

Partez à la recherche de bâtons durs et secs. Selon la longueur, le diamètre et même la forme, le son sera différent. Préférez les bâtons droits qui sonneront mieux.

Disposez-les sur deux branches parallèles légèrement distantes l’une de l’autre en veillant à ranger les bâtons dans l’ordre du plus aigu au plus grave. Vous pouvez les fixer à l’aide d’une ficelle. Et, musique Maestro !

Le goût

Le goût est le sens qui permet de détecter les saveurs au niveau de la langue. Elles sont au nombre de cinq : le salé, le sucré, l’acide, l’amer et l’umami, ce dernier découvert plus récemment correspond aux aliments riches en protéines et en glutamate.

Découvrir les bourgeons

Saviez-vous que les bourgeons du sorbier ont un goût d’amande et que ceux du peuplier un goût de miel ?

Les premiers bourgeons commencent à apparaître. Ce sont de fantastiques concentrés de vie pleins de vitamines et de minéraux.

Aubépine, prunellier, cerisier, pommier, sorbier… Goûtez et initiez vos enfants aux différentes saveurs de la nature… Proposez-lui de le faire également en se bouchant le nez. Que constate t-il ? Les sensations ne seront pas les mêmes car le goût et l’odorat sont étroitement liés pour la perception des saveurs.

Cuisinez les fleurs

Profitez de votre balade pour ramassez des violettes. Rentrez chez vous, réalisez avec votre enfant un sirop.

Sirop de violettes

Ce sirop se conserve très bien. En l’additionnant d’eau, on obtient une boisson au bon goût de violette

Pour 1 L de sirop :

  • 200 g de violettes odorantes
  • 750 g de sucre en poudre
  • 600 ml d’eau
  • Mettez les fleurs dans un saladier
  • Portez à ébullition 300 ml d’eau puis versez sur les fleurs
  • Couvrez et laissez infuser pendant 24 h
  • Réalisez un sirop avec le sucre et le reste de l’eau
  • Filtrez l’infusion de violette et ajoutez-la au sirop
  • Versez le mélange dans une bouteille. Fermez-la hermétiquement

Vous pouvez également réaliser une cramaillote, une confiture à base de pissenlit

Cramaillote

C’est une recette qui descend tout droit des prairies franc comtoises où le pissenlit est appelé cramaillot.

Cette gelée délicieuse est aussi appelée « miel de pissenlit ».

Ingrédients :

  • 365 g de fleurs de pissenlit bien ouvertes
  • 1 kg de sucre en poudre
  • 1,5 L d’eau
  • 2 oranges non traitées
  • 2 citrons non traités
  • Lavez les fleurs après en avoir retiré la partie verte. Faites-les sécher (au soleil de préférence)
  • Mettez les fleurs dans votre bassine à confiture. Ajoutez-y l’eau et les fruits non épluchés, coupés en morceaux
  • Faites cuire à feu doux pendant une heure. Les fleurs doivent faire trempette en permanence
  • Filtrez en pressant pour recueillir le plus de liquide possible
  • Ajoutez le sucre et mélangez pour le dissoudre
  • Faites cuire à feu moyen pendant 45 minutes
  • Remplissez les pots de confiture dès la fin de la cuisson

Si vous cherchez d’autres activités ludiques, découvrez notre article Et si on faisait l’école buissonière ?

La vue

La vue est le sens que nous utilisons le plus, bien souvent le premier sollicité. Les yeux détectent la lumière du spectre visible. Celle-ci se reflète sur les objets environnants. Elle entre dans les yeux par la rétine et traverse le cristallin qui va créer la netteté de la vision. Ensuite, elle est projeté sur la rétine mais de manière inversée. L’info est transmise au cerveau par le nerf optique qui se chargera de mettre l’image dans le bon sens. C’est le principe utilisé pour les appareils photo.

Faites une pause

Choisissez un endroit où vous ne serez pas dérangés et proposez à votre enfant de s’asseoir sans rien faire pendant quelques minutes ou plus, selon sa patience. Observez ce qui se passe autour de vous. Idéalement, l’expérience est plus forte avec un casque anti-bruit ou de simples bouchons d’oreilles pour que seule la vue travaille sans autres perturbations.

Ensuite, restez encore sur place et échangez sur ce que vous avez pu vivre et observer.

Préparez un affût

Cherchez en journée les indices de présence d’un animal, souvent repérables au niveau des coulées : empreintes, déjections, plumées… Vous vous posterez ensuite, bien cachés, près de ces lieux de passages ou près d’un terrier encore habité.

Installez-vous sur place avant la nuit.

Les animaux sont sensibles aux bruits et aux odeurs. Faites attention aux habits que vous porterez : silencieux et sans parfum de lessive et, bien sûr, sombres pour ne pas être repérés. Et on oublie l’eau de toilette, bien entendu. Soyez également vigilant au sens du vent : mieux vaut l’avoir sur la figure que dans le dos.

Prévoyez des jumelles.

Attention, cela demande beaucoup de patience. Ce ne sera pas toujours possible, surtout si l’enfant est très jeune. Il aura peut-être du mal à attendre et pourra être impressionné par l’obscurité.

Pour plus d’informations sur les indices de présence, vous pouvez lire notre article sur les traces des animaux.

L’odorat

Quand nous inspirons, des molécules odorantes volatiles vont pénétrer dans notre cavité nasale. Elles seront capturées par nos cils olfactifs puis elles seront transmises au cerveau et traitées par le bulbe rachidien.

L’odorat est le sens le plus profond que nous possédons. Celui qui nous ramène au cœur de nos émotions. N’avez-vous jamais senti une odeur qui vous rappelait un souvenir de votre enfance ? Vous venez de faire fonctionner votre mémoire olfactive. Sentir, c’est aussi ressentir. C’est un sens qui est, par conséquent, très intime.

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Michael Morse – Pexels

Retrouvez la bonne plante

Faites sentir une plante odorante que vous aurez préalablement cueillie à votre enfant qui aura les yeux fermés. Demandez-lui s’il aime ou s’il n’aime pas cette odeur. C’est la première information que notre cerveau fournit au contact des odeurs. Ensuite, refaites-lui sentir cette même plante et deux autres. Il devra trouver laquelle est la bonne.

Petit pot parfumé

Laissez-le choisir des plantes, écorces, bourgeons… parfumés. Prévoyez un petit pot en verre où il y glissera ses trouvailles. A l’aide d’un bâton, il pourra écraser le tout et mélanger sa potion additionnée d’un peu d’eau (ou pas). Humez sa création avec lui. Bouchez le pot et ramenez ce petit souvenir odorant à la maison.

Les sens en éveil

L’enfant, qui entretient un lien étroit avec la nature, porte sur le monde un autre regard. Il est plus posé, plus ouvert et développe une sensibilité différente, plus intuitive. N’hésitez pas à solliciter ses sens de manière ludique à travers ces activités et celles que vous imaginerez.

Participez à l’éveil sensoriel de votre enfant par la nature, il vous en remerciera plus tard.


Vous pouvez aussi proposer vos propres idées d’activités et partager vos expériences en bas dans les commentaires. On a hâte de vous lire 😉 .

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6 réflexions sur « Eveil sensoriel par la nature de vos enfants »

  1. Le podonudisme…c’est notre vie! 😅 J’adore marcher pieds nus et mon aînés aussi. Pour le petit c’est moins évident pourtant qu’est ce que je l’ai mis pieds nus dans l’herbe au moment où il apprenait la marche ! On entend souvent les grenouilles par chez nous, mais pas pour le moment! Par contre on a trouvé leurs oeufs! C’était cool! Je suis bien d’accord avec toi, les enfants et la nature devraient être inséparables!

  2. Merci pour cet article qui rappelle les vraies valeurs, celles qui sont simples et naturelles mais trop souvent oubliées avec toute notre technologie !
    Avec les beaux jours j’invite aussi mon fils à observer et ressentir ce qui se passe autour : chant des oiseaux, bourgeons fraichement éclos en feuille vert tendre, petites fleurs qui sortent…
    La vie « normale » en fait !

  3. L’ expérience de podonudisme 👍 ! Mes enfants adorent ! À vrai dire elles ne mettent jamais leurs chaussures 😂! Merci pour ces super idées !

  4. Article et contenu de qualité ! Je vais mettre en pratique tous ces conseils avec mon fils de 6 mois 🙂

  5. Article original ! J’ai hâte de tester tes technique ! Ton article nous permet de nous remettre en question sur les vrai valeur de ela vie et comment voir les choses essentielles !

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