Lire une carte IGN : les bases

Lire une carte IGN : les bases

Savoir lire une carte IGN est essentiel en randonnée. En effet, nous avons vu dans notre article sur le balisage des chemins qu’il ne suffit pas de connaître le marquage, mais qu’il est aussi nécessaire de pouvoir se localiser. Avoir avec soi une carte, un GPS ou un topo-guide n’est vraiment pas du superflus. Et même si d’habitude votre GPS vous guide sans souci, vous serez amené-e, tôt ou tard, à lire une carte IGN.

Pour cela, nous allons voir ce qu’est vraiment une carte et les informations qu’elle contient.

Une carte : c’est quoi ?

Une carte, c’est en fait une espèce de photo aérienne sur laquelle on dessine tout ce qui se trouve sur le terrain (maisons, chemins, forêts, rivières, montagnes…).

On y représente donc ce que l’on veut, de la manière que l’on veut, à l’échelle que l’on veut. Il faut cependant veiller à ce que la carte reste claire et lisible. Dans le cas contraire, elle ne serait pas exploitable.

En fait, il y a autant de cartes que d’applications et d’utilisations. En effet, on ne va pas utiliser la même carte pour traverser la France en voiture que pour faire de la randonnée.

Maintenant, voyons les principaux éléments d’une carte qui peuvent intéresser un randonneur dans son choix et son utilisation.

L’échelle

Le premier critère de choix pour une carte est son échelle. Plus l’échelle est petite, moins il y a de détails sur la carte. Pour illustrer des événements historiques, représenter la France sur une page de cahier d’école suffit souvent. Pour avoir une carte exploitable en randonnée, il faut une échelle beaucoup plus grosse.

Cartes 1/25000

Les cartes de l’IGN au 1/25000 (1 cm sur la carte représente 250 m de la réalité) sont très adaptées à la pratique de la randonnée. A cette échelle, les cartes sont suffisamment précises et regorgent d’informations. La contrepartie d’avoir une grande échelle, c’est que l’on a une carte d’un grand format. L’échelle 1/25000 est un très bon compromis.

lire-carte-IGN exemple carte 1/25000
Carte Avallon-Vézelay-PNR du Morvan n°2722ET – 1/25000 – Environs de Vézelay

Les cartes topographiques TOP25© de l’IGN sont donc LES cartes du randonneur. Leur couverture est bleue.

Cartes 1/50000

Il existe aussi des cartes au 1/50000. Elles sont donc deux fois moins précises, avec moins de détails et d’informations, forcément. Elles peuvent parfois servir, en dépannage, parce qu’on n’a rien trouvé d’autre. Nous ne les conseillons pas pour la randonnée pédestre. Par contre, elles sont souvent utilisées, à bon escient, dans les topo-guides car elles sont accompagnées d’un texte explicatif, palliant le manque d’informations de la carte.

Cartes 1/75000 et 1/100000

Il y a, elles aussi vendues au rayon randonnée des magasins de sports, des cartes au 1/75000 (où 1 cm représente 750 m) et même au 1/100000 (avec 1 cm pour 1 km). Pour nous, ces cartes sont très clairement insuffisantes. Nous les déconseillons fortement pour la randonnée car elles ne sont pas assez détaillées. Elles ne peuvent servir qu’à avoir une vision générale de la région où l’on souhaite faire des escapades, pour préparer vos sorties. Ne vous lancez pas sur les chemins avec des outils aussi imprécis.

exemple carte 1/100 000
Carte Parc Naturel Régional du Morvan n°306 – 1/100000 – Environs de Vézelay

L’orientation

Les cartes modernes sont quasiment toutes orientées de la même façon : le nord géographique est au-dessus.

Mais il est vrai que le nord ne pointe pas toujours vers le haut de la carte. C’est notamment le cas pour les cartes du chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle depuis le Puy-en-Velay. L’IGN a en effet choisi de représenter cet itinéraire à l’horizontale alors qu’il se dirige vers le sud-ouest. Le nord de la carte est donc tourné vers la droite. De notre point de vue, ça peut être assez perturbant.

La carte IGN : savoir la lire pour mieux la comprendre

La légende permet de comprendre les symboles utilisés sur la carte. En principe, elle se trouve en haut à gauche de la carte quand celle-ci est complètement dépliée.

Comme vous pouvez le constatez, une carte topographique fourmille de détails. La légende est donc très touffue.

lire-carte-IGN légende carte 1/25000
Carte Avallon-Vézelay-PNR du Morvan n°2722ET – 1/25000 – Légende

Nous ne souhaitons pas ici reprendre un par un tous ces symboles. Certains ne servent pas du tout en randonnée : il n’y a donc aucune raison de s’y attarder.

Nous préférons parler de ce qui peut être utile au randonneur soit lors de la préparation d’une escapade, soit sur le terrain.

Voici donc une sélection des éléments les plus pertinents.

1 – Le quadrillage bleu

Sur les cartes papier, il y a un quadrillage bleu dont les lignes sont espacées d’un kilomètre. Ceci permet d’avoir une idée (très) approximative des distances, au premier coup d’œil.

2 – Les routes et les chemins

Seuls deux éléments nous semblent importants à propos de ces voies de communication :

– Les sentiers balisés sont surlignés d’un trait magenta, continu pour les GR©, GRP© et PR de l’IGN©, pointillé pour les PR© locaux. Ce sont donc des chemins entretenus et défrichés. Ce sont aussi, très souvent, les plus jolis parcours de la région. Ainsi, ils peuvent sans souci composer la trame principale d’un circuit.

Les chemins sont parfois barrés. Souvent, ce n’est qu’une simple barre pour arrêter les véhicules, que l’on peut facilement contourner. Mais parfois, on ne peut pas passer, même à pied. Il faut donc se méfier de ça quand on prépare une randonnée.

routes et chemins
1 – PR local 2 – GR 3 – Chemin barré

3 – L’église

C’est un des éléments importants d’une carte car le clocher se voit généralement de loin. C’est donc un repère pour le randonneur.

4 – Les installations électriques

De la même manière que les églises, les lignes à Haute Tension ainsi que les éoliennes et les centrales électriques sont de bons points de repère sur le terrain.

lire-carte-IGN éolienne
Éolienne au nord de Nolay (Côte-d’Or)

5 – Les cimetières

Nous nous ravitaillons régulièrement en eau dans les cimetières. En respectant la solennité de ces lieux, cela va de soi…

Il est très rare qu’un cimetière n’ait pas de point d’eau. A titre personnel, nous n’en connaissons qu’un seul exemple. En effet, à La Besseyre-Saint-Mary, aux confins de la Haute-Loire, de la Lozère et du Cantal, toutes les fleurs du cimetière sont en tissu, en plastique ou en céramique !

Et, évidemment, dans les régions froides, les robinets sont coupés et vidangés tant que le gel est à craindre.

cimetière
Cimetière de Poligny (Jura)

6 – Le patrimoine et les curiosités naturelles

Disséminés dans nos campagnes, ce sont souvent de bien jolis lieux et édifices. C’est en particulier le cas de ceux qui sont marqués d’une étoile magenta sur la carte. Ce sont des endroits souvent sympas qu’il peut être intéressant d’intégrer à un parcours lors de la préparation d’une randonnée.

lire-carte-IGN patrimoine
1 – 3 ponts 2 – Camping 3 – Chapelle (édifice remarquable)

Et sur le terrain, ce sont des points d’étape. Croix de chemins, lavoirs, chapelles, fontaines mais aussi grottes, arbres remarquables et belvédères sont souvent des coins à cistes ou à géocaches. Et ce sont autant de jalons pour les plus jeunes.

Voir d’ailleurs à ce sujet notre article pour motiver ses enfants en randonnée.

7 – Le relief

Il est vraiment très important de repérer la configuration du terrain quand on prépare une randonnée. C’est essentiel pour en connaître la difficulté et l’adapter en fonction du niveau physique ou de l’état de fatigue de la famille. Sur les cartes de randonnée, le relief est représenté par plusieurs éléments :

– Les courbes de niveau

Chacune de ces lignes relie les points du terrain se trouvant à la même altitude. Ce sont évidemment des tracés fictifs, qui ne se voient pas quand on marche. Elles sont de couleur marron.

Sur les cartes au 1/25000, elles sont espacées de 5 m, la plupart du temps. Mais dans certains endroits, le dénivelé est de 10 m entre 2 courbes. Ainsi, les points du terrain situés sur chaque courbe sont 5 m plus haut ou 5 m plus bas que ceux reliés par une ligne voisine. On monte (ou on descend) donc de 5 m. On parle bien de dénivelé, pas de distance parcourue.

Sur les cartes au 1/50000, elles sont espacées de 20 m. C’est-à-dire qu’on monte (ou on descend) de 20 m quand on passe d’une courbe à l’autre. Là encore, on n’avance pas de 20 m sur le chemin (on fait plus) mais on change d’altitude : on passe par exemple de l’altitude 200 m à l’altitude 220 m (ou 180 m).

Il en résulte que plus les courbes de niveau sont espacées, plus le terrain est plat et plus elles sont serrées, plus il est accidenté. Nous verrons cela un peu plus en détail dans un prochain article.

relief
1 – Coteau (très) pentu 2 – Falaise 3 – Terrain plat 4 – Cote d’altitude

– Les ombrages

Pour bien marquer le relief d’une carte, certains versants sont grisés. Avec ce jeu d’ombres et de lumières, les collines, coteaux, montagnes et falaises apparaissent plus distinctement et ressortent nettement du fond de carte.

– Les cotes d’altitude

L’altitude de certains points est aussi indiquée sur les cartes. Ça aide vraiment à se rendre compte du dénivelé qu’il y a entre deux endroits.

– Les rochers et falaises

Ils sont indiqués par des traits emmêlés. Ce sont bien souvent des zones infranchissables, en tout cas en randonnée familiale.

lire-carte-IGN voir le relief
Environs de Poligny (Jura) où se distinguent nettement les terrains plats des coteaux abrupts
lire-carte-IGN profil altimétrique
Profil altimétrique de la Culée de Vaux depuis Barretaine jusqu’à Chaussenans, suivant le trait bleu foncé de la carte

8 – Les cours d’eau

Ils sont représentés en bleu. Mais le plus important pour le randonneur avec les ruisseaux et les rivières, c’est de savoir comment on peut les traverser. Il faut donc repérer les ponts, les passerelles et les gués.

Il ne faut pas oublier qu’un gué est un lieu magique pour les enfants et est synonyme de jeux, de découvertes et… de pataugeoire. Et si tout ça c’est chouette en été, il peut être prudent d’éviter les gués en hiver. En effet, glisser sur une pierre et tomber dans l’eau pourrait avoir de fâcheuses conséquences par temps froid. D’autre part, il est possible que le niveau de l’eau ait monté, interdisant complètement le passage à gué.

Une cascade (trait bleu en travers d’un cours d’eau) ou un plan d’eau peuvent aussi agrémenter une randonnée et constituer des moments attendus par les enfants, des sortes de récompenses.

9 – La végétation

Plusieurs symboles permettent de représenter les différents types de végétation. Les connaître permet de savoir si le périple que l’on prépare traverse une forêt ou des prés, par exemple.

Sur le terrain, ça permet parfois de s’orienter, un bois ou des vignes pouvant servir de point de repère.

Voici donc rapidement les principales représentations :

– Les prés et les champs

Ils ne sont pas vraiment représentés. Ils correspondent au fond blanc de la carte.

– Les landes, garrigues et friches

Elles sont représentées par des petits V verts alignés, sur fond blanc.

– Les forêts

Les hautes futaies sont colorées en vert, avec des cercles pour les feuillus et des triangles pour les conifères.

Quant aux forêts basses, aux arbres clairsemés, on les repère aux alignements de points verts sur fond blanc.

– Les vergers

Attention, leur symbolisation ressemble beaucoup à celle des forêts basses : ce sont des cercles (non des points) alignés.

– Les vignes

On les reconnaît par des pointillés verticaux, en vert clair sur fond blanc.

En région viticole, on peut écourter une balade en coupant à « travers » vignes. Mais attention, on ne passe pas dans les rangs au risque de casser bourgeons et jeunes pousses et de se badigeonner les bras avec des produits pas vraiment top pour la peau. On contourne plutôt les parcelles et on prend les chemins qui y mènent.

végétation
1 – Pré ou champ 2 – Lande, friche 3-1 – Haute futaie de feuillus 3-2 – Forêt ouverte 4 – Verger 5 – Vigne 6 – Ligne électrique à Haute Tension

10 – En bord de mer

Les bords de mer sont des lieux particuliers, avec leurs spécificités.

– La côte

Elle est représentée à marée basse et à marée haute.

– Les phares

Ce sont en général de bons points de repère sur le terrain.

lire-carte-IGN bord de mer
1 – Bord de mer à marée basse 2 – à marée haute 3 – Phare

11 – En montagne

– Les glaciers et les massifs enneigés

Les courbes de niveau sont bleues sur fond blanc.

– Les téléphériques, télécabines et remonte-pentes

Ils se voient souvent de loin.

montagne
1 – Télécabine

12 – Pour les (futurs) baroudeurs

– Les campings

Ils sont indiqués par un signe magenta très repérable sur la carte mais on trouve encore quelques fois l’ancienne représentation beaucoup moins visible.

– Les gites et refuges

De même, on voit très vite où ils se trouvent grâce au sigle magenta. Par exemple, sur la carte ci-dessus, il y a le Refuge des Cosmiques et l’Abri Simond.

Pas de panique…

Ne vous laissez pas impressionner par toutes ces informations. Dans un prochain article, nous verrons comment utiliser toutes ces données pour préparer une randonnée et s’en servir sur le terrain. Dans un premier temps, entraînez-vous à lire une carte IGN sur un chemin que vous connaissez déjà.

Vous pouvez aussi aller voir notre article : Lire une carte IGN : tous les secrets du relief

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10 réflexions sur « Lire une carte IGN : les bases »

  1. Les indispensables, merci ! J’ai beau pratiquer la randonnée assez fréquemment, j’ai appris des choses dans cet article (notamment, à différencier les zones de champs, vignes, vergers, forêts, ainsi que la difrénec de trait entre un PR et un PR local…)

  2. Merci pour ce « petit manuel » très clair ! Il est vrai qu’à l’époque des GPS et autres matériels électroniques savoir lire une carte devient presque un exploit.

    1. Il est toujours indispensable d’avoir les connaissances basiques, ne serait-ce au cas où…

  3. leblogdespagnol dit :

    Un bel article, très complet. J’ignorais totalement que les cartes du chemin de Saint-Jacques n’étaient pas orientées vers le nord. Je ne savais pas non plus différencier les types d’espace. Merci !

    1. Toutes les cartes de Saint-Jacques ne sont pas comme ça mais c’est le cas de celles de l’IGN au 1/100000.

  4. merci pour ce bel article bourré de détails sur les cartes, je pensais que je savais lire de tous types de cartes mais là j’ai pris une « claque » chaque symbole en fait a sa propre signification, cimetière, monument, …
    je ferai plus attention les prochaines fois.

  5. Merci pour cet article. Savoir lire une carte c’est exactement ce que je cherchais. A quand un article pour savoir utiliser une boussole!

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